dimanche 22 février 2009

Le Programme Nucléaire Tunisien

Publié ici, sur le blog Ya Tounes.

Lors d'une conférence organisée par l'ATUGE (Association des Tunisiens des Grandes Ecoles) à Paris le 11 février 2009, le Directeur Général Adjoint de la STEG a donné des précisions sur le Programme Nucléaire Tunisien.

Ce programme vise à doter la Tunisie d'une énergie électrique produite dans des centrales nucléaires. L'entrée en service du premier réacteur nucléaire a été fixée pour l'année 2023. Le deuxième réacteur est attendu pour l'horizon 2030.

Pourquoi attendre si longtemps ? En fait, les projets électronucléaires durent en moyenne une bonne quinzaine d'années pour un pays sans expérience dans le domaine, ce qui est le cas de la Tunisie. Le programme se déroulera selon les trois phases préconisées par l'AIEA (Agence Internationale d'Energie Atomique) : 4 ans de lancement, 4 ans pour l'appel d'offres et 8 ans de construction.

Bien que le premier séminaire sur le nucléaire en Tunisie ait eu lieu en 1979, notre pays n’est pas encore leader dans le domaine, puisqu'il se trouve qu'aujourd'hui parmi les rares pays de la région à ne pas disposer d'un réacteur nucléaire de recherche (le Maroc, l'Algérie et l'Egypte disposent déjà de leur réacteur de recherche).

Le besoin en énergie électrique est en constante croissance en Tunisie, tandis que les ressources utilisées aujourd'hui pour la production sont limitées, voire en tarissement. C'est le cas du gaz, importé aujourd'hui à hauteur de 30 % du voisin algérien. Pour pallier à ce manque de ressources, la Steg prévoit l'introduction du charbon vers 2016, avant de passer au nucléaire.

Ce post n'est en rien un compte rendu de la conférence. C'est juste un résumé des quelques notes que j'ai prises, mais c'est surtout un moyen d'amorcer un débat sur la blogosphère. Voici quelques questions qui pourraient être discutées par nos chers bloggeurs :

- Que pensez-vous de ce projet ambitieux ? et la Tunisie a-t-elle les moyens (financiers, humains, etc.) pour le mener à bout ?
- Auriez-vous des informations plus précises sur le sujet ? des sources d'informations fiables sur le net ou ailleurs ?
- Que pensez-vous de l'orientation stratégique de l'Etat aujourd'hui : miser sur le nucléaire à long terme ?
- Et quid de la délicate question des déchets, qui n'a pas été abordée lors de cette conférence ?
- Le nucléaire va-t-il reléguer au second plan les autres énergies, notamment les énergies renouvelables ? (la Steg a assuré que l'éolien va être exploité dans les limites possibles que permet la nature fluctuante de cette énergie. Mais quid du solaire ? trop cher ?)
- Les répercussions socio-économiques de ce projet seront bénéfiques, selon la Steg (création d'emploi via les contrats de sous-traitance, dynamisation de l'économie du pays...) mais quid des répercussions sur l'environnement, le paysage, l'urbanisme...?
- Quelqu'un a-t-il une idée de la position des Verts tunisiens ? Les Verts en Europe sont généralement opposés au nucléaire.
- Que pensez-vous de la coopération très étroite avec la France, qui est leader dans le domaine ? Et si, au cours du projet, le contrat est confié à une société autre que le français AREVA, cela remettra-t-il en cause, selon vous, cette coopération ? (la conférence en question a eu lieu, pour rappel, dans les locaux d'AREVA)
- ...?

3 commentaires:

Ghoul a dit…

A priori, le nucléaire semble nécessaire à échéance d'une dizaine d'année, néanmoins j'ai lu quelques part que le solaire photovoltaïque deviendrait la source d'énergie électrique la plus compétitive vers 2030, si le rythme d'évolution de cette technologie continue de la même manière que maintenant.

Il serait intelligent que les tunisiens s'orientent vers le solaire dès maintenant, du moins pour acquérir l'expertise et se préparer au basculement.

Il y a aussi la géothermie qui peut devenir intéressante dans quelques décennies.

haythem dridi a dit…

pour les moyens humaines la Tunisie a des ingénieurs bien formé génie chimique procédés capable de contrôler un réacteur et déjà les réacteurs c'est un module principale dans la formation de l'ingénieur en génie chimique procédés à l'école nationale des ingénieurs de gabes et notre spécialités nous permet de géré un réacteur nucléaire avec une simple formation dans le domaine c'est à dire le contrôle de chaleur et de concevoir(le dégagement intense), des rayonnements et enfin le contrôle de l'uranium dont l'un des isotopes,l'uranium 235 est instable

habib a dit…

Mani l'africain vous aurez dû nous parler de Dimona et des armes nucléaires israeliennes qui menacent tout le monde.